25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 10:40



A peine eus-je commencé d'écrire, je posai ma plume pour jubiler. L'imposture était la même mais j'ai dit que je tenais les mots pour la quintessence des choses. Rien ne me troublait plus que de voir mes pattes    de mouche échanger peu à peu leur luisance de feux follets contre la terne consistance de la matière :   c'était la réalisation de l'imaginaire. Pris au piège de la nomination, un lion, un capitaine du second empire, un bédouin s'introduisaient dans la salle à manger ; ils y demeuraient à jamais captifs, incorporés par les signes ; je crus avoir ancré mes rêves dans le monde par les grattements d'un bec d'acier. Je me    fis donner un cahier, une bouteille d'encre violette, j'inscrivis sur la couverture : " cahier de romans. " Le premier que je menai à bout, je l'intitulai : " Pour un papillon." Un savant, sa fille, un jeune explorateur athlétique remontaient le cours de l'Amazone en quête d'un papillon précieux.

 

" Les Mots "

 

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